Le trafic international de stupéfiants au Maroc : livraison surveillée, extradition et transfèrement
Par Maître Rabii Chekkouri

Porte du continent africain, le Maroc constitue un point de transit de plusieurs individus de différentes nationalités. De ce fait, certains transitaires se font interpeller en raison d’un soupçon de trafic de produits stupéfiants, soit dans une situation de flagrance, soit dans le cadre d’une recherche internationale.
Trois grands scénarios se distinguent : la livraison surveillée, l’arrestation sur mandat marocain, et l’arrestation sur mandat international émis par un État étranger.
La livraison surveillée
Le Code de procédure pénale marocain et les conventions bilatérales de coopération judiciaire conclues avec plusieurs pays européens autorisent la « livraison surveillée » : l’acheminement, sous la supervision d’une autorité compétente, de produits illicites vers un territoire étranger. Cette technique vise à identifier les filières de distribution ainsi que les auteurs et complices. Le Procureur général doit autoriser cette procédure.
L’arrestation sur mandat marocain
Lorsqu’un suspect est arrêté sur la base d’un mandat émis par les autorités marocaines — quelle que soit sa nationalité — les juridictions nationales appliquent le droit pénal interne, en vertu du principe de territorialité, pour les faits commis sur le territoire marocain.
L’arrestation sur mandat international
Les arrestations aux frontières interviennent lorsqu’une Notice Rouge INTERPOL est diffusée. Seuls les ressortissants étrangers peuvent faire l’objet d’une extradition vers l’État requérant : le Maroc n’extrade en aucun cas un ressortissant marocain, même binational. Les suspects marocains sont alors poursuivis en vertu de la législation marocaine relative au trafic de stupéfiants, une infraction qualifiée de délit assortie de certaines exceptions procédurales.
Le transfèrement international
Les personnes condamnées peuvent purger leur peine dans leur pays d’origine en vertu de conventions bilatérales. Les condamnations pour trafic de stupéfiants sont soumises à des conditions particulières, notamment lorsqu’un contentieux douanier est associé au dossier. Les administrations douanières réclament fréquemment des amendes substantielles, et les conventions applicables exigent en principe le règlement intégral de ces amendes, bien qu’une remise partielle puisse parfois être négociée.


